Les actions à gros rendement affiché sont-elles si rentables ?

Il va sans dire que la rentabilité est l’objectif de tout investissement. C’est un principe universel valable aussi bien sur la totalité des marchés boursiers que dans l’économie réelle.

Tout investisseur n’engage son capital que dans la perspective d’un retour sur investissement. Dans un tel contexte, ce ne serait donc que pure logique que de viser les titres offrant les plus hauts taux de rendement lorsqu’on décide d’investir sur des actions à dividende n’est-ce-pas ?

Vous verrez dans les lignes qui suivent que ce n’est pas une action si logique ; et qu’en termes de stratégie visant une rentabilité optimale, il y a beaucoup mieux à faire.

Investir à court terme

Le rendement global est le premier et dans nombre de cas, l’unique indicateur que la plupart des investisseurs comme vous (les particuliers) considère au moment d’acheter un titre. Cet indicateur est composé de deux sous-indicateurs que sont la capacité d’appréciation du cours de l’action et son rendement en termes de dividendes.

Toutefois, si vous avez déjà essayé d’investir un capital sur des actions par l’intermédiaire d’un courtier, vous aurez constaté que le second sous-indicateur est occulté à la faveur du premier. C’est tout à fait compréhensible puisqu’en faisant du trading de la sorte, l’objectif du courtier est de vous faire faire le plus d’opérations d’achat/vente possible. C’est là-dessus qu’il fait son chiffre d’affaires, donc les stratégies à très long terme ne lui sont relativement pas rentables. D’ailleurs, la plupart du temps vous ne possédez pas véritablement le titre.

Dans le cas des CFD (très populaires supports de trading ces dernières années), vous ne faites que spéculer sur l’évolution du cours de l’action. Les différents leviers proposés vous aidant à gagner beaucoup plus que le capital engagé sur une opération ou dans le pire des cas (et ça arrive très souvent) à perdre beaucoup plus que votre position de départ.

Pourquoi les actions à dividende ?

Certes le rendement global d’une action est un indicateur important à prendre en compte au moment d’investir. Mais pour des investisseurs avec votre profil, cette seule analyse n’est pas réaliste.

Viser uniquement la plus-value qu’occasionnerait la vente d’une action n’est pas une stratégie de rentabilité tenable tout simplement parce que vous n’avez pas le temps de suivre chaque évolution du cours.

Vos différentes occupations professionnelles et familiales nécessitent que vous optiez pour des produits d’investissement capables de générer des revenus passifs et consistants sur la durée. Autrement dit, le mieux pour vous, c’est d’adopter une stratégie d’investissement à long terme. Dans le cas d’espèce, cela suppose donc une primauté du second sous-indicateur (le dividende) sur l’appréciation en capital que pourrait connaître une action.

Contrairement à cette dernière, le dividende est directement rattaché à la performance économique annuelle de l’entreprise, alors que le cours d’un titre est un élément bien plus volatile que simples bruits de couloir peuvent influencer. Une entreprise sérieuse continuera donc à verser des dividendes à ses actionnaires même si le cours de son action chute.

Il ne serait donc pas très malin de se priver de ce sous-indicateur dans sa stratégie d’investissement. Surtout lorsqu’on n’a pas le temps de constamment scruter le marché à la recherche de point d’entrée et de sortie. Les dividendes ont joué un rôle important dans les rendements que les investisseurs ont reçus au cours des 50 dernières années. Depuis 1960, 82% du rendement total de l’indice S&P 500 (indice américain construit sur la base des 500 actions majoritairement détenues par les investisseurs) peut être attribué aux dividendes réinvestis.

Quelle action choisir ?

Nous savons donc que les actions à dividende sont la meilleure option pour un investisseur qui ne peut suivre constamment les évolutions des cours et n’a pas forcément les compétences analytiques pour faire du day trading.

Mais comment s’assurer une rentabilité optimale à long terme sur ces actions. La plupart des investisseurs ont tendance à lorgner intuitivement sur les actions proposant les taux de rentabilité les plus élevés. D’une certaine façon, c’est logique. Plus le taux de rentabilité affiché est élevé et plus le dividende perçu est important. Mais en principe seulement. En effet, une étude conduite par le cabinet Wellington Management a mis en évidence de nombreux défauts au niveau de cette approche.

Les experts ayant conduit l’étude en sont arrivés à une conclusion totalement contre-intuitive. “Les actions proposant les taux de rendement les plus élevés ne sont pas celles qui performent le mieux sur le marché”.  Mais pourquoi donc ? Pour quelles raisons est-ce que ces actions ne tiennent pas leurs promesses ?

La réponse la voici !

Des experts ont réalisé une analyse comparative des actions S&P 500 sur les 80 dernières années. Pour les besoins de l’étude, l’ensemble de ces actions a été classifié en 5 catégories (quintiles) en partant de celles qui proposaient les taux les plus élevés.

Les résultats sont résumés sur le graphe suivant :

Source : Wellington Management and Hartford Funds, 1/19. Les données de performance citées représentent les performances passées et ne garantissent pas les résultats futurs.

On peut constater ici que le deuxième quintile est celui qui affiche la meilleure performance sur toute la période allant de 1929 à 2018. Les actions du deuxième quintile ont sur-performé l’indice S&P 500 huit fois sur les neuf périodes (1929 à 2018), soit 77,8% du temps, tandis que les actions du premier quintile sont arrivées en deuxième position, battant l’indice 66,7% du temps. Les actions des troisième, quatrième et cinquième quintiles ont cependant moins bien performé que les deux premiers.

Le problème qui se pose ici est celui de la durabilité des dividendes versés. En fait, les actions du premier quintile sont celles qui présentent le plus de risque de suppression de dividende à plus ou moins court terme.

La raison est que la société qui émet ses actions se voit bien souvent obligée de verser des dividendes excessifs par rapport aux bénéfices qu’elle réalise. Dans une telle configuration, il lui sera extrêmement compliqué de maintenir un rythme constant au niveau du versement des dividendes. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé dans le cas d’espèce. De cette étude, il est ressorti que les actions du premier quintile ont redistribué 72% du bénéfice aux actionnaires. Au niveau du 2ème quintile, on a constaté une certaine retenue dans la redistribution du bénéfice de l’entreprise (41%). L’avantage à ce niveau réside dans le fait que ce pourcentage de redistribution permet à l’entreprise de garder une part conséquente du résultat pour les différents investissements qui lui permettront d’assurer sa croissance et donc de garantir à terme le paiement des dividendes.

Y a-t-il un taux de rentabilité parfait ?

Il est toutefois très difficile de déterminer le taux de rentabilité idéal qu’une action à dividende devrait proposer. Entre les taux affichés et le résultat réel en fin d’exercice, il peut y avoir d’énormes différences principalement dues à des réalités économiques non prévues.

Parfois, certains titres affichent des taux très aguicheurs pour rameuter le plus de monde possible. En règle générale, il faut retenir que plus le taux de rentabilité est élevé et plus le décalage avec la performance réelle de l’entreprise risque d’être important. Il y a en effet un élément psychologique non négligeable à prendre en compte.

Si vous achetez un titre affichant un taux de rendement de 20%, vous vous attendrez à ce que ce rendement se concrétise. Dans votre esprit, l’entreprise vous doit presque déjà ces 20%. La déception sera alors d’autant plus grande si en fin de compte le titre ne rapporte que 8%. Or ces mêmes 8% seraient un résultat tout à fait satisfaisant si le titre affichait 9% à la base.

Évaluer la capacité de paiement du dividende

La meilleure façon d’évaluer si une entreprise sera en mesure de verser un dividende constant est par le biais du ratio de distribution. Le ratio de distribution est calculé en divisant le dividende annuel par action par le bénéfice par action.

Un ratio de distribution élevé signifie qu’une entreprise utilise un pourcentage important de ses revenus pour payer un dividende, ce qui lui laisse moins d’argent pour investir dans la croissance future de l’entreprise. Un taux de distribution de 72% pourrait être difficile à maintenir si une entreprise connaît une baisse de ses bénéfices. Une fois que cela se produit, l’entreprise pourrait être contrainte de réduire son dividende. Une baisse du dividende est souvent considérée comme un signe de faiblesse des marchés financiers et entraîne fréquemment une baisse du cours des actions de la société.

D’un autre côté, il ne faudrait pas déduire de cette observation que ce sont les actions qui affichent les plus faibles taux de dividendes qui performent le mieux sur le marché. La preuve en est qu’ici, on a constaté que seul le deuxième quintile a surperformé le premier.

Les experts s’accordent à dire qu’il est difficile de déterminer un taux de rendement optimal pour un titre. C’est surtout le ratio de distribution qu’il faut prendre en compte au moment d’évaluer la probabilité de paiement des dividendes. Une analyse un peu délicate pour un non initié. Mais c’est sur la base de cette approche et d’une minutieuse analyse du marché que je constitue au sein du Club dividendes des portefeuilles versant de généreux dividendes sur une base mensuelle. Vous n’aurez donc aucun mal à appréhender un investissement rentable et un passive income en rejoignant le Club Dividendes.

Conclusion

En définitive, le fait de viser les dividendes n’est pas une stratégie incompatible avec la réalisation de plus-value à l’occasion d’une cession éventuelle des titres. Et rappelez-vous, même quand le cours d’une action baisse, le dividende lui continue d’être versé. Par ailleurs, la perte de capital ne sera effective que si vous vendez. Donc l’action à dividende demeure, le meilleur moyen dont dispose un particulier pour se positionner sur ce marché.

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